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A Bure, nous dénonçons le scandale qui consiste à donner 3 mois ferme pour un outrage créé par un contexte de tension !

 

Mardi 13 novembre à 9h au tribunal de Bar-le-Duc, nous assistions aux délibérés de 6 procès qui se sont déroulés le 16 octobre de manière plus que chaotique (lire : https://manif-est.info/Bure-13-proces-et-le-tribunal-evacue-779.html) au milieu d'une centaine de gendarmes. Ce jour-là, nous avions vécu une journée cauchemardesque : dans l'enceinte du tribunal comme à l'extérieur, de la salle d'audience aux portes des toilettes, on comptait un gendarme tous les un mètre, de l’étage à la sortie. Public filmé par un gendarme à l'intérieur de la salle, huis clos déguisé, audience sans prévenu et sans défense : au tribunal de Bar-le-Duc, on ressent le délitement et l'étiolement de la justice plus qu'ailleurs. 

 

Pas de nouvelles interdictions de territoire (de Bure et/ou de Meuse/Haute-Marne) ajoutées au 28 existantes, mais de nouvelles peines privatives de liberté, du sursis et du ferme, ont été prononcées à l’encontre de personnes à qui il est reproché d’avoir, un jour, réagi oralement avec vigueur à un contexte de surveillance militaire permanente. A Bure, pour les opposant-es ciblés par cette stratégie de la tension, l’outrage est constant. 

 

 

Qui ne s’astreint pas à une discipline aveugle à l’égard des autorités est puni. Tout écart est nommé rébellion, toute réaction est sanctionnée. Comment ne pas voir la stratégie globale qui est à l'oeuvre ? Tout est prétexte à la criminalisation, à la prison ferme ou avec sursis ou à l'interdiction de territoire. A quand l'outrage à agent pour l’avoir regardé de travers ? 

 

 

L'Etat et le tribunal semblent se partager le boulot, l'appareil politico-judiciaire fonctionne bien quand il s'agit d'éradiquer les opposant-es à Cigéo. La politique de l'Etat nous pousse vers la porte tandis que tribunal l’ouvre et la referme derrière nous. Tous les ingrédients pour faire le vide à Bure sont réunis. Car sans désert, pas de nucléaire ! Les opposant-es qui s'installent et font vivre une lutte de terrain ne sont pas les bienvenu-es à l'approche du dépôt de la demande d'autorisation de création (DAC) de Cigéo mi-2019. Le Bois Lejuc est expulsé de ses habitant-es, une pression est maintenue sur la Maison de Résistance par une série de perquisitions - y compris une sans mandats - mais l'opposant-e à Cigéo n'est toujours pas une espèce en voie de disparition

 

 

Alors il faut le travailler au corps tous les jours en créant un climat de tension permanent : en militarisant le territoire dans un rayon de 15 kms et en installant une surveillance à outrance. De ces harcèlements découlent des soi-disant "outrages" qui ne sont rien d'autres que des réponses verbales à la provocation quotidienne et systématisée des gendarmes ; mais qui qualifiées "d'outrages à agent dépositaire de la fonction publique" par les autorités traînent des personnes devant un tribunal qui choisit de les interdire de territoire, de les envoyer en prison ou de prononcer du sursis que nous comprenons comme une menace.

 

 

Quant à l’ubuesque procès de Gaspard D’Allens qui s’est déroulé sans qu’il en soit informé, sans sa présence et sans défense, il s’est soldé par une relaxe que l’on attribue plutôt à la pression médiatique qu’au bon sens de la justice. Si nous nous félicitons de cette décision, elle ne saurait faire oublier les 5 autres de la journée qui maintiennent une redoutable épée de Damoclès sur la tête de chacun-e de nous. Nous dénonçons le scandale qui consiste à donner 3 mois ferme pour un outrage créé par un contexte de tension.

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