· 

Communiqué : Cigéo, nucléaire, quoi de neuf à la rentrée ?

LOCALEMENT, LA PREPARATION DE L’ACCUEIL DE CIGEO SE POURSUIT SUR LE TERRAIN

 

De nouvelles stratégies d’acceptabilité sociale de Cigéo sont en cours. Depuis quelques temps, une concertation locale se déroule sur les différentes infrastructures nécessaires à Cigéo. Les meusien-nes et haut-marnais-es risquent d’assister progressivement à la défiguration de leur territoire. Le Journal de l’Andra titre « Concertation locale, Projet Cigéo : la feuille de route est déployée ». Le public a été invité à donner son avis sur le cycle de l’eau pour Cigéo (approvisionnement et rejets) et sur les infrastructures de transport. Plus tard dans l’automne, d’autres sujets seront mis sur la table : l’approvisionnement en énergie, l’aménagement de l’espace et le cadre de vie autour du potentiel site d'enfouissement.

Publicité propagandiste que l'on retrouve partout par chez nous : dans les journaux locaux bien sûr, affichages publicitaires, arrêts de bus… La concertation/co-construction de Cigéo = venez participer à la destruction en cours de votre territoire !

Eh oui, Cigéo ne serait pas qu’un trou, mais bien une immense installation en surface autour duquel le territoire serait réorganisé. Alors que la mobilisation contre le projet grandit en prenant une tournure plus nationale, qu’il n’est pas autorisé et que sa faisabilité technique n’est absolument pas démontrée, l’insertion environnementale et territoriale de Cigéo dans le paysage se poursuit sournoisement afin de faire croire à son inéluctabilité. Et peu importe si tous les feux sont au rouge le concernant.  

 

 

NATIONALEMENT, UN NOUVEAU DÉBAT PUBLIC SE PREPARE...

 

Un débat public devrait se tenir à la fin de l’automne sur le Plan national de gestion des matières radioactives (PNGDMR). Il concernerait porterait donc en partie sur Cigéo. Dans cette perspective, il nous semblait essentiel de revenir sur les deux débats publics précédemment organisés exclusivement sur les déchets radioactifs.

 

Le premier de 2005 avait été bien mené, dressant un panorama des différentes options de gestion des matières radioactives. Les conclusions des participant-es s’orientaient vers un entreposage en subsurface. Seulement, les orientations fixées par la loi qui a suivi du 28 juin 2006 ne reflétaient que le choix technique des acteurs de la filière nucléaire en entérinant le stockage en couche géologique profonde comme solution. 

Un second débat public, en 2013, avait été boycotté par une partie des opposant-es à Cigéo. En effet, au sein du dossier de saisine, les intentions de l’Andra en tant que maître d’ouvrage étaient présentées ainsi : « faire comprendre le choix du stockage profond pour la gestion à long terme des déchets les plus radioactifs », et « identifier les conditions nécessaires à l’acceptation du projet Cigéo. » Si l'essence du débat public est d’avoir une influence potentielle sur une décision finale, on dénote le périmètre très réduit de celui-ci : il était hors de question qu'il soit l’occasion d’envisager l’abandon de Cigéo. Précisons que 3 des 6 membres de la Commission Particulière du Débat Public (CPDP) s’étaient désolidarisés du compte-rendu du débat du président de la CPDP, déplorant la « mise en scène d’un débat public et d’un choix politique » (lire absolument : André, J-C., Métais, A., Redlingshöfer, B., « La démocratie du débat public Cigéo, Mise en scène d’un débat et d’un choix politique), précisant que le boycott d’une partie des opposant-es aurait dû servir à réorienter le débat sur les raisons mêmes du boycott : « le cadre, les conditions, les paramètres du débat et le processus décisionnel de Cigéo ». Finalement, la moitié des membres de la CPDP rejoignait les opposant-s sur la question de l’opportunité, en rappelant qu’elle doit consister en l’interrogation sur le bien-fondé du projet.

 

Ce passif est bien ancré dans la mémoire du mouvement d’opposition au projet Cigéo. Il est naturel que les mots qui viennent à l’esprit de beaucoup d’entre nous sont mascarade, supercherie, enfumage ; d’autant plus dans le contexte répressif que nous subissons : que signifie un débat public en partie sur Cigéo à l’heure où les opposant-es sont enfermé-es, mis-es en examen, provoqué-es constamment, interdit-es de territoire ?

 

Pour se faire un avis et aller plus loin, ne pas hésiter à réécouter le podcast du 9 septembre de l’émission « Dimanche, et après » de Julie Gacon sur France culture, « Montagne d’or en Guyane, enfouissement des déchets nucléaires… A quoi sert le débat public ? »

 

... MAIS TOUJOURS PAS DE SORTIE DU NUCLEAIRE A L'HORIZON !

 

Ceci interroge également le futur débat public : la politique du gouvernement ne sera pas dictée par ses résultats, elle est toujours sous l’emprise du lobby nucléaire.

 

Edouard Philippe vient d’annoncer que l’objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans le mix énergétique français serait atteint à l’horizon 2035. Déjà en novembre 2017 Nicolas Hulot piétinait la loi sur la Transition Énergétique de 2015 qui portait cet objectif à 2025 en le reportant à 2030. Nous nous en éloignons un peu plus encore, n’avons toujours aucun calendrier de sortie progressive du nucléaire, la fermeture de la centrale grabataire de Fessenheim semble toujours conditionnée à la mise en service de l’EPR de Flamanville (dont la cuve est défectueuse). Un rapport commandé par le ministère de la Transition Écologique (sic !) et par le Ministère de l’Economie (rédigé par un ancien administrateur général du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et un ex-délégué général à l'armement) préconiserait la construction de 6 nouveaux réacteurs réacteurs de type EPR en France à compter de 2025. Peu importe si l’EPR de Flamanville cumule retards techniques et gouffre financier et s’apparente à un profond échec technologique : il faut à tout prix pérenniser la filière nucléaire obsolète et ne laisser aucun fond pour le développement des énergies renouvelables.

 

Parallèlement, depuis début septembre, diverses consultations sont en cours :

*Le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) organise depuis le 6 septembre une consultation sur les conditions de poursuite du fonctionnement des réacteurs nucléaires après 40 ans. Là encore, le périmètre est restreint : « Le sujet est technique : [il s'agira de] débattre des dispositions proposées par EDF pour améliorer la sûreté de ses réacteurs nucléaires de 900 mégawatts (MW) au-delà de leur 40ième anniversaire. » (pour aller plus loin, cliquez ici). On ne questionnera ni la prolongation, ni la poursuite d’exploitation, ni la fermeture de réacteurs.

*L’Autorité de sûreté nucléaire met en place depuis le 3 septembre une concertation publique relative à son projet de mettre en service la cuve de l’EPR de Flamanville (ici). Rappelez-vous les consultations estivales par l’ASN de l’année 2017 : La première portait sur son projet d’avis visant à homologuer la cuve de l’EPR malgré sa défectuosité. La population avait participé en masse, refusant la validation de la cuve défaillante ; mais l’ASN s'était pliée à un choix plus politique que technique en homologuant finalement la cuve (la mise en service future de l’EPR de Flamanville étant une condition posée pour la Commission européenne pour le rachat par EDF de AREVA NP...). La seconde consultation concernait le projet d’avis de l’ASN sur le dossier d’options de sûreté de l’Andra sur Cigéo. Sans surprise, l’avis définitif ne fut qu’une pâle copie du projet d’avis, les commentaires et observations méprisés à nouveau (relire ici l’analyse que nous en avions faite). La population dans l'esprit des nucléocrates est uniquement cantonnée à rester la caution de projets qu'elle ne soutient pas et de choix d'avenir qui ne sont pas les siens. 

__________________________________

Et aussi….

 

  • UN REPORTAGE A VOIR SUR L’ENGAGEMENT DE CELLES ET CEUX QUI S’OPPOSENT A CIGEO

 

Les raisons de lutter contre Cigéo sont multiples, ce qui anime la détermination de chacun-e des militant-es depuis plus de 20 ans et fait perdurer l'engagement malgré la répression politique également. Pour comprendre cette diversité qui unit et nourrit l'opposition à la poubelle nucléaire, visionnez ici un reportage de "Enquêtes de région" diffusé le 5 septembre sur France 3, notamment sur "Ceux qui disent non au projet Cigéo"

 

  • PENSEE ET SOUTIEN AUX OPPOSANT-ES AU GCO

 

Hier, lundi 10 septembre, le gouvernement a une nouvelle fois montré ses gros bras en évacuant la ZAD du Moulin, la zone d’occupation au coeur de la forêt de Kolbsheim qui fédère les opposant-es au GCO (Grand Contournement Ouest de Strasbourg), une autoroute que veut construire la firme Vinci (lire reporterre). Malgré 7 avis officiels négatifs dont ceux du Conseil national de protection de la nature, de l’Agence de la biodiversité, de l’Autorité environnementale, et l’avis défavorable de deux enquêtes publiques, le préfet a validé fin août le projet et a autorisé le début des travaux par arrêté.

 

L’annonce de 500 gendarmes mobilisés pour évacuer la Zad du Moulins ce lundi à Kolbsheim raisonne avec les 500 gendarmes qui ont expulsé les chouettes hiboux du Bois Lejuc le 22 février dernier à Mandres-en-Barrois, et aussi avec les 2500 gendarmes à Notre-Dame-des-Landes le 9 avril. L’Etat se met en marche contre les nouveaux visages que prennent nos luttes (occupations, pratiques combinées de luttes juridiques, physiques, médiatiques) sans prendre en compte le fait que le cadre institutionnel (qui signifie pour lui discipliné) ne permet pas du tout pas la prise en compte de nos expressions. Nos luttes ont en commun d’être des exemples de démocraties bafouées et de porter sur des projets imposés aux populations. Toutes subissent également la politique répressive de l’Etat. Nous apportons notre soutien plein et entier à GCO NON MERCI.

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0