· 

Le CEDRA et l'EODRA appellent à des actions dans toute la France (et au-delà) contre la nucléocratie

Entre le 6 et le 12 décembre, rendons visible et palpable notre indignation grandissante suite aux annonces lourdes de sens et indigestes pour le mouvement anti-nucléaire ! Pendant que nous subissons des répressions multiformes journalières, le nucléaire continue de s’installer, Cigéo d’avancer, nos inquiétudes légitimes écartées, nos arguments indiscutables balayés. Ces décisions et ces comportement hors-sol nous mettent hors de nous !

 

 

Le gouvernement avance ses pions les uns après les autres et utilise sa caution verte restée longtemps silencieuse pour nous faire entendre sous un nouvel angle ses éternelles ritournelles. Apparemment, les objectifs de la loi sur la transition énergétique ne pourraient être atteints dans les temps (relire cet article sur reporterre). La relation serait quasi dialectique entre le choix de l’uranium ou celui du charbon. Les ressources extrêmement polluantes et qui n’ont rien de durables vont continuer à être privilégiées face à celles qui sont inépuisables, pensons ici renouvelables. Cigéo serait la moins mauvaise des solutions pour la gestion des déchets radioactifs (plus d’infos ici), alors que ce tombeau enfermerait à jamais de la matière vivante, incontrôlable, avec tous les risques que cela comporte et sans aucune possibilité de rectifier le tir.

 

Toujours ces inlassables rengaines qui ne convainquent finalement pas grand-monde, mais qui sont profondément ancrées et portées par des individus extrêmement influents et omniprésents. Pour notre combat, nous avons ainsi nommé le lobby nucléaire. Pour d’autres, il s’agira du lobby agricole, ou encore des lobbies de la santé. Peu importe comment ils sont nommés, ces innombrables réseaux d’influence monopolisent les débats et nuisent irrémédiablement à toutes les décisions prises concernant l’avenir de ce territoire commun et des populations qui les font vivre.

 

De Bure à Notre-Dames-des-Landes, du Limousin à Dijon, nous avons dénoncé ensemble dans la tribune que vous retrouverez ci-après, la présence de ce verrou anti-démocratique qui nous rassemble au-delà de la singularité de nos batailles.

 

Le sens de nos luttes se rejoint face aux connivences et aux méthodes de ceux que l’on a en face de nous. Nous sommes alliés, pour mettre en lumière ce qui ne se voit pas mais qui rythme pourtant ce fameux « système », si abstrait dans l’idée, mais si concret dans ses implications.

 

A Bure plus qu’ailleurs, l’avenir du territoire est compromis par un projet mortifère et décidé de loin, sans nous. Entendre Nicolas Hulot dire que c’est la moins mauvaise solution alors que Cigéo condamne le présent comme l’avenir, l’entendre ajouter qu’il faut privilégier le dialogue avec la société civile alors que notre expression est cadenassée, serait presque encore plus violent que les grenades assourdissantes que les opposants ont reçu lors de la manifestation du 15 août dernier (relire notre communiqué du 9/11/17). L’Etat dit travailler avec le local car il avance avec ses satellites déconcentrés, après avoir acheté la conscience de nos élus locaux… Nous n’avons que de bonnes raisons d’être en colère.

 

C’est pourquoi nous nous associons à ce mois de décembre en lutte, et nous appelons tous ceux qui rejettent la nucléocratie et ses projets qui n’avantagent que ses intérêts, à s’emparer de la date du 6 décembre pour manifester symboliquement leur mécontentement ! Rassemblez-vous, montrez-vous partout, et surtout… racontez-nous après !!!

 

Oui, le combat pour un monde meilleur, estampillé de bon sens et de justice a bel et bien commencé !

 

Association des élus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs (EODRA)

Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (CEDRA)

 

______________________

 

Déclaration commune d’habitant.es de territoires en lutte face au sommet climat du 12 décembre à Paris

 

A l’heure où une nouvelle perquisition, destinée à asphyxier et criminaliser toute tentative de résistance, frappe Bure, nous publions ici une tribune commune signée par de nombreuses associations, collectifs et territoires en lutte. Face aux tentatives d’intimidation, notre détermination sera partagée et notre calendrier sera commun tout au long du mois de décembre! Appel à action décentralisées autour du 6 décembre !

 

Urgence dans les territoires comme dans la rue !

 

Habitant.es de zones menacées ou à défendre, nous nous sommes réuni.es à plusieurs reprises pour décréter ensemble un mois d’urgence des luttes de territoire. En effet, le mois de décembre qui approche risque fort de recouvrir un sens particulier pour nous, à au moins deux titres.

D’abord, ce sera l’occasion pour le gouvernement Macron – le 12 décembre – de célébrer les deux ans de la farce tragique que fut la COP21. Nul doute que notre Banquier national se fera une joie de se revendiquer héritier de l’accord sur le climat, et de se poser en champion incontesté de la « croissance verte », à peine un mois après avoir soutenu publiquement un projet destructeur de mine d’or en Guyane, et pris position, par la voix de son ministre, en faveur de l’enfouissement des déchets radioactifs.

De la COP 21, nous retenons pour notre part l’amertume d’avoir vu les principaux responsables du saccage climatique se rassembler impunément fin 2015 et prétendre avoir les solutions à leur propre folie, et la colère d’avoir vu nos manifestations interdites sous couvert d’état d’urgence. Mais nous nous rappelons aussi l’arrivée à Versailles et la joie débordante d’une tracto-vélo venue de Notre-Dame-des-Landes et rendant superflue commune après commune l’application stricte de ce nouveau régime d’exception…

 

Deux ans plus tard, le souvenir de ces convois venus de l’Ouest, mais aussi de l’Est et du sud-Est est encore bien vivace, d’autant plus que décembre 2017 pourrait bien être un mois charnière dans la lutte contre le projet d’aéroport. Il verra en effet se clore la « médiation » à l’issue de laquelle le gouvernement devrait statuer sur le sort de Notre-Dame-des-Landes. Qui sait, alors, si nous ne devrons pas retourner chercher les bâtons que nous avions plantés symboliquement près de la ferme de Bellevue en octobre 2016 pour, de nouveau, défendre la ZAD ? Qui sait si, en cas d’abandon, Notre-Dame-des-landes ne servira pas à faire mieux accepter une expulsion violente du Bois Lejuc, à Bure, ou de la forêt occupée de Roybon ? Quelque part dans ce champ de possibles, un moment historique se jouera dans tous les cas et nous nous tenons prêt.es à le saisir au vol.

 

L’heure de la convergence

 

C’est donc depuis ce double contexte que nous parlons, et que nous prétendons mettre le doigt sur ce qui, au-delà de la singularité de nos luttes, nous tient ensemble et nous anime. Quoi de commun en effet entre un éco-quartier à Dijon, un aéroport à Notre-Dame, une poubelle nucléaire à Bure, un transformateur électrique à Saint-Victor, une usine à pellets sur le plateau de Millevaches, une centrale à Biomasse à Gardanne, des forages miniers en pleine forêt amazonienne, une autoroute à Strasbourg, une autre entre Saint-Étienne et Lyon, une usine à gaz à Landivisiau, des mines en Centre Bretagne, de l’extraction de sable en baie de Lannion, etc. ? Sans doute beaucoup plus qu’il n’y paraît, en réalité.

En bloquant des logiques d’aménagement capitaliste du territoire, nous partageons au moins un certain amour des bocages, des montagnes, des plateaux, des plages, de la mer et des forêts. Nous partageons aussi une volonté de réappropriation de savoir-faire divers et, à travers eux, une intuition de ce que serait une vie plus indépendante des logiques de contrôle et de profit. Enfin, nous avons en commun d’être aux prises avec un certain type de discours écologique institutionnel, tel que celui porté par la COP21 : celui-là même qui maquille l’accumulation énergétique en « transition », qui promeut le nucléaire comme une énergie décarbonée donc « propre », qui verdit grossièrement aéroports et Center Parcs pour les rendre acceptables, qui vend sous les termes de smart et de green une dépossession totale de nos vies par des métropoles devenues intelligentes et connectées.

 

C’est assez pour nous convaincre de la possibilité d’une déclaration commune et de la nécessité d’un calendrier commun. Et c’est pourquoi nous, habitant.es de divers territoires en lutte, affirmons :

 

•           que nous ne sommes pas dupes des grand-messes environnementales et de leurs commémorations ;

•           que nous lutterons partout contre la destruction des terres agricoles et des forêts, que ce soit à la campagne (comme à Bure, à Roybon, à NDDL ou sur le plateau de Millevaches), autour des villes (comme à Strasbourg ou Gonesse) ou dans leur sein même (comme à Dijon) ;

•           que le gouvernement ne se débarrassera pas discrètement de la question de NDDL, et que c’est sous notre regard et à portée de nos voix qu’il devra se prononcer ;

•           qu’en cas de maintien de l’aéroport, nous sommes encore prêt.es à venir défendre la ZAD depuis nos territoires respectifs ;

•           qu’en cas d’abandon, celui-ci ne sera ni la pilule faisant accepter d’autres projets, ni une vitrine sympathique pour l’expulsion violente d’autres zones occupées.

 

Nous appelons à la plus grande vigilance quant à la situation à Bure et à Roybon, tout au long de l’hiver!

 

Nous nous affirmons donc solidaires les un.es des autres, et prêt.es à nous soutenir mutuellement tout le long du mois de décembre et au-delà!

 

Calendrier commun des territoires en lutte :

 

2 décembre : Manifestation à Saint-Affrique contre le transformateur électrique RTE de Saint-Victor-et-Melvieu (plus d’infos : douze.noblogs.org)

6 – 12 décembre : pour la Saint-Nicolas, appel de Bure à une semaine d’actions décentralisées en réaction aux annonces d’Hulot. (plus d’infos : burestop.eu / vmc.camp)

9 décembre : Manifestation sur le plateau de Millevaches contre l’usine à pellets de Carbon Ingen’r Bugeat Viam (CIBV) (contact : biomassecritique@riseup.net)

16 décembre : Fête de la forêt de Roybon (plus d’infos : zadroybon.wordpress.com)

Pour des événements annoncés ultérieurement, il sera possible de consulter tout au long du mois de décembre l’agenda de zad.nadir.org

En parallèle de ce calendrier, d’autres événements organisés par ailleurs:

8 décembre : Journée européenne contre les Grands Projets Inutiles et Imposés (événements à Lyon, Nièvre, Toulouse, le Havre…)

10 décembre : Tribunal des peuples à Paris (plus d’infos : pasuneurodeplus.info)

12 décembre : Actions à l’occasion de l’anniversaire de l’accord de Paris : sommet climatique à l’île Seguin

 

Signataires:

 

AVEYRON = L’Amassada (cabane et mouvement de lutte contre le transfo aux mille éoliennes)

BRETAGNE = Grain de sable dans la machine (baie de Lannion) / Collectif Monts d’Arré

BURE = Plein de chouettes hiboux de Bure / Bure Stop 55 / L’EODRA (association d’élus opposés à Cigéo) / CEDRA (Collectif haut-marnais contre l’enfouissement)

CENTER PARCS = Center Parcs Ni Ici Ni Ailleurs (coordination contre les Center Parcs de Roybon, de Poligny et du Rousset) / Des habitant.es de la forêt de Roybon / De Tout Bois (collectif de lutte contre le Center Parcs de Roybon) / Assemblée d’opposant.es à Center Parcs (Jura) / Collectif jurassien d’opposant.es à Center Parcs / Collectif Geai du Rousset 71 / Groupe Libertaire 71 / SOS Forêt Franche-Comté

CÉVENNES = Bogues

DIJON = Quartier libre des Lentillères

LYON = Collectif ZAD Lyon

MONTAGNE LIMOUSINE / PLATEAU DE MILLEVACHES = Collectif Biomasse critique

NDDL = Des habitant.es de la zad et opposant.es à l’aéroport de nddl et son monde

SAINT-ETIENNE = Assemblée de lutte contre l’A45… et plus encore

 

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0